Design Thinking vs Design Sprint : Quelle est la différence ?

Nov 3, 2021Innovation

Dans le domaine de l’innovation nous faisons souvent référence à différentes méthodes de travail, la plus répandue : le Design Thinking. Vous avez également du entendre parler du Design Sprint, et c’est ici que commence la confusion ! S’agit-il de la même chose ? La réponse est non ! Et pourtant il y a de forte similitude entre ces deux approches. Dans cet article, nous ferons le point sur la méthode du design thinking et du design sprint ainsi que leurs champs d’application. 

Le design thinking

Théorisé en 1990 le design thinking est une méthode d’innovation dont la spécificité est de mettre l’utilisateur final au centre de la démarche en invitant l’équipe à s’immerger sur le terrain et à confronter rapidement ses idées à la réalité. 

Avec cette approche, les problèmes commerciaux identifiés ne sont pas abordés du point de vue de l’entreprise mais orientés vers l’utilisateur final. Le design thinking est née de la conviction que le meilleur moyen d’innover est de créer des solutions que les utilisateurs souhaitent réellement. 

Cette méthode est reconnue pour pouvoir s’appliquer à tous les domaines d’activité. Il s’agit d’une démarche collaborative dans laquelle sont impliquées différentes parties prenantes, peu importe leur domaine de compétences. 

Une méthode en 5 étapes

Empathize : immersion sur le terrain afin de comprendre quelles sont les habitudes des utilisateurs, leurs besoins et les problèmes qu’ils peuvent rencontrer. Plus généralement, il faut chercher à comprendre l’expérience vécue par l’utilisateur. Il s’agit d’une phase de collecte d’informations ou l’on cherchera à rentrer en empathie avec l’utilisateur. 

Define : définition de la problématique à laquelle il faut répondre. Pour ce faire, on utilise les éléments recueillis lors de la phase d’immersion. Les données synthétisées et analysées permettront de mettre en évidence le(s) problème(s) majeur(s) à résoudre.

Ideate : l’objectif est de trouver la solution qui répondra à la problématique et aux besoins des utilisateurs/clients. Différents outils tels que le brainstorming, mood board, mind mapping, le jeu de rôle, permettent de rentrer en phase d’idéation. Plus généralement, des outils de convergences/divergences sont utilisés. 

Prototype : Prototypage et expérimentation de plusieurs solutions afin d’analyser celle qui sera la plus apte à répondre à la problématique. Il est primordial de réaliser plusieurs versions de prototypes et de les tester afin de se rapprocher le plus possible de la solution finale. 

Test :  Tester le prototype auprès d’un échantillon de personnes. L’objectif est de recueillir un maximum de feedback de manière à réajuster son prototype en fonction des retours utilisateurs/clients pour fournir la solution la plus adaptée à leur besoin.

Le design thinking est une méthode non linéaire qui vous permet de revenir sur certaines phases afin d’affiner votre solution. L’objectif étant de proposer l’offre qui répondra le plus aux besoins des utilisateurs lorsqu’elle sera commercialisée. Pour aller plus en profondeur, nous vous proposons cet article sur le design thinking.

Le Design Sprint

Le design sprint est inspiré des méthodes agiles comme le Design Thinking et le Lean start up. Il a été initié par les équipes de Google Ventures en 2010 puis théorisé par Jake Knapp en 2016. Il s’agit d’une méthode d’innovation, structurée, qui a pour but d’identifier rapidement des solutions concrètes et à moindre coût pour répondre aux besoins des utilisateurs.

Un Design Sprint est une approche précise, dont la spécificité est sa contrainte temporelle : 5 jours pour développer son projet. Cette méthode intègre de nombreux éléments du design thinking, tels que la recherche sur les utilisateurs et le prototypage, pour résoudre des problème d’entreprise.

Le déroulé du design sprint

Tout comme le design thinking, le design sprint est composé de 5 étapes : 

Map (Jour 1) : Définition la problématique à résoudre et de la cible à travers la création du persona. Cela revient à croiser l’étape d’empathie et de définition du design thinking exposé précédemment. 

Sketch (Jour 2) :  cette étape fait référence à l’idéation et consiste à récupérer un maximum d’inspirations. Les équipes travaillent sur la recherche de solutions à apporter au problème précédemment défini et réalisent les storyboard.

Decide (Jour 3) : Phase de décision pour choisir laquelle des solutions devra être prototypées. 

Prototype (Jour 4) : conception de la solution à l’aide du storyboard. L’objectif étant d’avoir un prototype qui s’approche le plus de la réalité pour s’assurer de la faisabilité du projet et de réaliser des tests clients.

Test (Jour 5) : Tester sa solution auprès d’un échantillon représentatif d’utilisateurs à qui nous demanderons d’évaluer la solution en les interrogeant et en étudiant la manière dont ils appréhendent le prototype. A l’issue du cinquième jour, les équipes savent comment solutionner le problème et peuvent réajuster cette solution en fonction des retours utilisateurs. 

Le design sprint est plus protocolaire qu’un design thinking qui s’apparente davantage à une boite à outils. On vient piocher un certains nombres d’outils et les mettre en application de manière spécifique pour aboutir à un développement rapide du projet. 

La mise en place de cette méthode génère une multitude de bénéfices pour l’entreprise que vous pouvez découvrir dans notre article sur le Design sprint.

Pour en savoir plus, vous pouvez également consulter le sprint book de Jake Knapp

Comment choisir la bonne méthode ?

A vrai dire, la question ne se pose pas. Ces deux méthodes sont efficaces pour les entreprises qui souhaitent innover et proposer un nouveau produit, service ou expérience. Chacune de ces méthodes est orientée vers l’utilisateurs et permettent de créer la solution la plus apte à répondre à leur besoins. 

Le design sprint représente une sous partie du Design thinking, ce qui n’oppose pas ces deux approches. Le design sprint s’inspire du design thinking et fait appel à ses outils dans un protocole spécifique afin de respecter la contrainte des 5 jours. 

Le design thinking est davantage un état d’esprit, une pensé intégrative, qui en fait un concept plus large. Ainsi, son domaine d’application ne se limite pas à au design de produit ou service mais peut également être utilisé pour répondre à des problèmes complexes : sociaux, culturelles, artistiques…

Pour résumer, voici un tableau de synthèse qui met en évidence les points de similitudes et les différences entre ces deux méthodes :

Tableau comparatif Design Thinking vs Design Sprint