[Ils ont activé leur flow] La démarche Happy d’Obione

Fév 24, 2020Ils ont activé leur flow

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Premier entretien de notre chaîne « ils ont activé le flow ». Léna nous parle de la Démarche Happy, mise en place dans la société il y a 4 ans. L’histoire de cette entreprise nous a particulièrement intéressée car elle permet de mettre en lumière des éléments qui nous semblent clés lorsqu’il s’agit d’innovation, mais qui ne sont pas toujours présents dans les entreprises :

  • l’écoute des utilisateurs et de leurs besoins
  • la proximité avec son marché
  • l’engagement de ses utilisateurs 
  • l’engagement de ses collaborateurs à une démarche innovante 
  • la réactivité et l’adaptabilité

On ne vous en dit pas plus et nous vous laissons découvrir par vous-même le retour d’expérience de Léna, responsable de la démarche Happy chez Obione.

Bonjour Léna ! Pouvez-vous nous parler d’Obione aujourd’hui ? Racontez-nous votre histoire !

L’entreprise Obione a été fondée il y a 11 ans par 3 associés : deux vétérinaires et un expert en nutrition animale. Les deux vétérinaires avaient précédemment monté une entreprise de nutrition à partir d’aliments complémentaires pour ruminants à destination des vétérinaires exclusivement. Puis ils ont eu envie de monter une autre structure qui, en plus des produits, apporte aussi aux vétérinaires toute une démarche associée au bien-être animal. Et comme les aliments complémentaires sont plutôt des produits à donner aux animaux en prévention, ils ont construit une offre de services autour de ces produits afin de prévenir la santé des animaux.

Leur volonté est de repositionner le vétérinaire qui intervient dans un élevage comme conseiller et bras droit de l’éleveur et non comme urgentiste qui intervient surtout sur des animaux malades et donc souvent trop tard. Obione est un laboratoire qui fait ses propres formulations de produits, avec un brevet déposé et quelques innovations dans le milieu vétérinaire. En parallèle, Ils ont mis en place la possibilité de faire des analyses de sang pour identifier les carences dans les troupeaux avec une approche plus économique que l’existant, pour rédiger un état des lieux de la santé des animaux afin de préconiser des cures et des apports de complémentation par la suite.

Obione a un réel positionnement autour du bien-être animal, puisqu’un animal qui est bien doit pouvoir être en bonne santé. Il donne le meilleur de lui-même dans la production et conduit à la rentabilité d’une exploitation.

Combien d’employés comptez-vous aujourd’hui ?

Nous sommes une trentaine. 

 

Qu’est-ce que la démarche Happy et comment êtes-vous arrivé à sa création ?

Déjà, Obione avec cette expertise en bien-être animal, est positionnée en partenaire du vétérinaire et de l’éleveur. Le vétérinaire est un expert formé à la maladie, il maîtrise l’arsenal thérapeutique. Mais parfois en élevage le problème n’est pas infectieux, c’est alors que nous sommes sollicités. Par exemple, s’il y a un problème dans un élevage que l’éleveur et le vétérinaire n’ont pas encore totalement résolu les troubles, nous intervenons. Nous avons donc été amenés à rencontrer des élevages difficiles. En constatant que lorsqu’il y a des problèmes de santé, il y a un impact économique ainsi qu’un impact moral fort car ce n’est jamais évident d’avoir des animaux qui sont malades.

En parallèle, il y avait un groupe de vétérinaires qui nous suivaient depuis le début avec nos formations autour de la prévention en élevage et qui accompagnaient certains éleveurs “particuliers” parmi leurs clients. Éleveurs chez qui ils prenaient plaisir à aller et avec qui il y avait une vraie coopération. Ils ont eu envie de leur offrir une forme de reconnaissance !

Nous sommes donc allés à la rencontre de ces éleveurs qui étaient sélectionnés par les vétérinaires en fonction des résultats sanitaires de l’élevage. Nous nous sommes rendus compte qu’il y avait encore du bonheur en élevage. Des fermes qui étaient bien tenues, dans lesquelles nous avions envie de passer du temps. Mais surtout, ça faisait du bien de voir des acteurs qui étaient contents de leur activité, de leurs résultats et qui gagnaient bien leur vie.

Nous nous sommes dit : ces gens-là existent et méritent d’être connus et reconnus !

Il y a quatre ans, nous avons créé la démarche Happy : un audit d’élevage suivi d’un diplôme pour les éleveurs “happy”. Nous l’avons initialement mise en place avec les quelques vétérinaires volontaires sur des critères bien précis et qui donnaient la reconnaissance “happy” à certains éleveurs et “happy vet” aux vétérinaires.  

Nous avons aussi essayé de créer une démarche vertueuse. Par exemple, à partir du moment où les éleveurs sont “happy”, nous organisons une remise de diplôme avec d’autres éleveurs afin de leur donner envie de mettre des choses en place pour s’améliorer. Nous avons également mis au point un cycle de formation et tout un accompagnement technique autour de ce projet afin de donner envie aux éleveurs et aux vétérinaires de s’impliquer dans la prévention et le bien-être pour la réussite en élevage bovin.

 

Donc on peut dire que vous avez vraiment construit cette offre suite à des retours terrains. D’après vous, c’est justement cette proximité avec le terrain qui vous a permis de mettre en place cette démarche ?

Oui, comme nous sommes très présents sur le terrain et que nous sommes proches de nos clients, nous avons eu des retours qui nous ont permis d’innover en fonction de ce que nous avons ressenti sur le terrain.

Par ailleurs, Obione propose également des applications qui servent d’outils d’aide à la décision pour les vétérinaires et les éleveurs. Nous proposons des services qu’aucune autre entreprise ne propose : nous proposons des techniciens nutritionnistes à temps partagé qui viennent en renfort des vétérinaires qui n’auraient pas forcément le temps d’aller en élevage pour faire un point sur certains aspects techniques de la gestion d’un élevage. C’est notre premier technicien nutritioniste, proche du terrain, qui a d’ailleurs été force de proposition et a réalisé plusieurs enquêtes auprès d’éleveurs et a animé une communauté d’éleveurs “happy”.  

Vous êtes pionnier sur cette démarche ? Est-ce qu’il existe d’autres “label” comme le vôtre ?

Récompenser de cette manière-là, non, pas à ma connaissance. 

Les vétérinaires avec lesquels vous travaillez ont-ils toujours été partants ?

Non (rire). C’est d’ailleurs en ça que c’est intéressant. Obione a su être force de proposition, sans forcément aller toujours dans le sens des clients mais en démontrant petit à petit que la démarche “Happy” apporte vraiment quelque chose.

Au début il y en avait 3 qui étaient vraiment partants et aujourd’hui nous en sommes à une quinzaine. Cependant, certains disent aujourd’hui « si je n’avais pas eu ça, j’aurais changé de métier ».

Quels sont leurs freins d’après vous ?

C’est un engagement aujourd’hui de devenir « Happy Vet », ils s’engagent à se former, à changer leur manière de travailler.

Dans son organisation quotidienne, un vétérinaire va avoir un planning dans sa clinique ainsi que des visites et de nombreuses urgences. Ils ont rarement de temps et sont toujours débordés. Alors que la démarche Happy demande de la rigueur et de l’organisation qui exigent aux vétérinaires d’aller dans les élevages pour proposer ce service mais qui ne relève pas de l’intervention.

Quel est le modèle économique de la démarche “Happy” ?

A l’origine c’était un service que l’on proposait aux vétérinaires en fonction du chiffre d’affaires qu’ils réalisent chez nous. À partir de janvier 2020 nous les facturons en plus. En revanche l’audit est gratuit.

Quelles sont les réactions des éleveurs ?

C’est les éleveurs qui sont moteurs !  Aujourd’hui il y a des vétérinaires qui nous contactent car les éleveurs ont entendu parler de nous et sont intéressés. Parfois ce sont les éleveurs qui nous appellent en demandant si nous n’avons pas des « happy vet » pour eux.

Comment la première offre s’est-elle construite avec les 3 premiers vétérinaires partenaires ?

Nous avons co-construit l’offre avec eux. La charte vétérinaire a été co-créée avec nos clients (donc les vétérinaires), ils se sont fixés leurs propres obligations etc.

Ce que nous avons fait en interne c’est la grille d’audit, les critères d’éligibilité et bien sûr toute la communication autour du projet. Nous assurons aussi la veille scientifique et participons à la plupart des  formations sur le bien-être animal, surtout aux Etats-Unis mais aussi à l’école Vétérinaire de Lyon par exemple.

Comment vous vous êtes structurés en interne sur cette nouvelle démarche ?

L’idée de base est venue d’un des associés. Puis une stagiaire en fin d’étude a été embauchée pour réaliser des enquêtes terrain et engendrer des premières remises de diplômes. Par la suite, j’ai été embauchée sur un poste qui était initialement à 50% sur la démarche Happy et à 50% sur d’autres missions. Puis ça s’est vite transformé en 100% pour la démarche Happy ! En parallèle l’équipe Marketing s’est agrandie et a également participé au projet.

Quels sont vos indicateurs de performance pour la démarche Happy ? La démarche a t’elle eu un impact sur le CA ?

Au début, c’était un projet pour se faire plaisir. Cela nous a également permis de nous différencier et faire de la communication sur notre démarche de bien-être animal donc il y avait des avantages secondaires mais c’était surtout pour le plaisir. Je ne saurais pas dire en termes de chiffre d’affaires mais c’est certainement bénéfique. Par exemple, nous avons des vétérinaires qui commencent à nous contacter pour la démarche “Happy” qui ne sont pas clients chez nous…

Avez-vous eu de l’aide d’autres acteurs ? Quelles ont été les parties prenantes dans ce projet ?

Nous nous sommes rapprochés des institutions pour valider scientifiquement notre approche : écoles vétérinaires, Inra, centre de référence du bien-être animal. Mais c’est long !

Nous avons par ailleurs participé à un programme d’accélération pendant 2 mois (Toasterlab de Vitagora) dans la catégorie “projet entrepreneurial dans une PME”. 

Ce programme nous a permis d’être challengé sur l’offre, accéder à un certain réseau, travailler notre pitch, business model etc. Nous avons notamment rencontré plusieurs professionnels dont une agence spécialisée en marketing pour revoir un peu notre offre. Notre charte graphique a également évolué ainsi que nos documents commerciaux.

Cela nous a permis de réfléchir à la communication en interne pour être sûr que nos délégués (= commerciaux) soient au courant et comprennent cette nouvelle démarche. 

Nous avons par la suite mis en place un questionnaire auprès d’environ 200 vétérinaires sur leur perception d’Obione.

Si vous deviez nous parler des difficultés ? Principaux obstacles ? Nous avons déjà un peu parlé des vétérinaires réticents 🙂

La difficulté est de faire passer un message positif. Car l’ambiance est plutôt à la mise en avant de ce qui est négatif. Il semble plus facile de dénoncer ce qui va mal plutôt que de mettre en avant ce qui est exemplaire, c’est un vrai challenge. Ensuite effectivement il faut convaincre le vétérinaire de devenir un spécialiste de la santé, du bien-être et pourquoi pas du bonheur plutôt que de la maladie, et c’est vraiment aussi un défi important. De plus il faut bien noter qu’ils manquent de temps et surtout de vétérinaires à embaucher ! Peut-être que le principal problème vient de là : la désertification rurale nous la vivons tous les jours

Une dernière chose à partager ?

Ce qui m’a tout de suite plu dans cette entreprise c’est qu’elle laisse la place à chacun de s’exprimer, d’être « entrepreneurs ». C’est une entreprise dynamique qui avance, qui se remet en question et qui essaye d’innover. Elle porte des valeurs familiales très forte avec  une dimension humaine très présente.

Une entreprise audacieuse qui n’a pas peur d’avancer et c’est moteur pour les employés !

Connaissez-vous des entreprises qui ont activé leur flow ?

Qu’est-ce que cela signifie d’activer son flow ? C’est se mettre en mouvement ! Comprendre ses utilisateurs, comprendre un besoin marché et amorcer une évolution de la structure pour répondre à ce besoin. Nous avons envie de parler aux entreprises qui innovent et se mettent en mouvement ! Si vous pensez à quelqu’un, n’hésitez pas à nous le faire savoir et nous serons ravis de les interviewer. 

Qu’est-ce qu’un learning lab ?

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